Privé 7Le Pythagore Editions 2017 - 16 cm x 24 cm - ISBN: 978-2-37231-028-4 -  19 € - 192 pages

Il ne sait pas pourquoi il est là, en pleine nuit, dans ce verger perdu au milieu de nulle part. Il ne sait pas comment il est arrivé là. Ni ce qu'il y fait. Il y est, c'est tout.

Et lorsqu'on vient l'arrêter, il ne comprend toujours pas. La petite ville ardennaise de Rethel? Il n'y a jamais mis les pieds. Que s'est-il passé, alors?

Ce soir-là, pour le détective Didier Rouque, va commencer l'enquête la plus étrange de sa carrière.

Paroles de lecteurs: 

Une lecture plaisir que je conseille vivement y compris aux pauvres hères qui n’habiteraient pas les Ardennes ou ses environs. - Le monde de VHS, avril 2017

Il est question de manipulation et d'espionnage industriel. Et comme d'habitude, c'est très agréable à lire. - C. Poirson, L'Affranchi, avril 2017

Encore une divine surprise, ce nouveau Didfier Rouque (7) à Rethel. - Francis Z., Chaumont, janvier 2017

Extrait du roman:

La nuit est tombée à présent, plongeant la forêt alentour dans des ténèbres impénétrables. Il s'amuse à essayer de deviner le nom des étoiles, des constellations, mais l'astronomie n'est pas vraiment sa tasse de thé. Peut-être est-ce Vénus, cette tête d'épingle lumineuse scintillant à gauche de la lune dans son premier quartier. A moins que ce ne soit l'Etoile Polaire. Ou autre chose, encore…

Ses yeux se ferment peu à peu et il se laisse doucement gagner par la torpeur. Il se donne encore dix minutes avant d'aller dormir. Demain sera un autre jour. Un autre jour à goûter cette douce quiétude.

Les aboiements se rapprochent peu à peu. Ils sont accompagnés de la lumière d'une lampe dont le puissant faisceau éclaire les arbres par intermittences. Dérangé, l'écureuil file sans demander son reste. Il fronce les sourcils, les sens immédiatement en alerte. Des promeneurs à cette heure? Peu probable. Plus étonnant encore, une voiture arrive au ralenti dans le chemin sur sa gauche, stoppe devant le verger et éteint ses phares. Geste réflexe, il met instinctivement la main à son aisselle, mais il ne trouve pas son fidèle Glock 17. Il se rappelle confusément l'avoir laissé dans sa chambre d'hôtel. Mais dans quel hôtel, au fait?

D'autres lampes s'allument, dessinant des ombres fantasmagoriques et changeantes. Il décide de ne pas bouger de son siège. Après tout, avec ou sans son Glock, il sait tout de même se défendre. Quelques minutes plus tard, un petit groupe de personnes s'immobilise à quelques mètres de lui devant la clôture effondrée du verger.

- Qu'est-ce que je vous disais, capitaine? Le voilà. Et ça fait une paire de jours qu'il est là.

- Ne vous inquiétez pas, monsieur, c'est sûrement un simple SDF à la recherche d'un abri. Il ne doit pas faire grand mal…

- Oui, mais c'est pas chez lui. Ici, c'est le verger de monsieur Charles…

- Forêt de Signy, aujourd'hui, vendredi 12 juin, 22 heures 45. Sommes arrivés sur zone. Nous avons l'individu en visuel.

Le petit groupe franchit la porte et se plante devant lui. Leurs visages luisent doucement à la lueur du feu de bois. Il a le temps de voir quelques uniformes parmi eux. Puis un faisceau électrique accroche violemment son visage. Il a un mouvement de défense et cache ses yeux de sa main en visière en protestant.

- Baissez votre lampe...

- Monsieur, je vous signale que vous êtes dans une propriété privée, vous n'avez rien à faire ici.

Il répète:

- Baissez votre lampe, s'il vous plaît.

Mais le gendarme ne prête pas attention à la remarque, interloqué.

- Ah ça! Mais je rêve, c'est le détective Rouque! Eh bien, si je m'attendais à vous voir ici.

- Bonsoir, monsieur…

- Mais, Rouque! Vous me reconnaissez? Je suis le capitaine Burger, gendarmerie nationale.

- Heu, oui, bonsoir, capitaine.

- Qu'est-ce que vous faites ici?

- Eh bien, j'allais bientôt me coucher, je pense…

- Vous coucher… ici?

- Heu, oui.

- Vous ne me semblez pas dans votre état normal, Rouque. Vous êtes sûr que ça va?

- Oui. Enfin, je crois…

- Vous croyez… Dites-moi, vous êtes vraiment sûr que ça va? Vous… vous savez qui vous êtes? Ne vous inquiétez pas, tout va bien, maintenant.

Didier Rouque secoue lentement la tête de gauche à droite, sortant peu à peu d'une sorte de long rêve éveillé. Il a un geste d'humeur et se lève. Les vielles planches de la cabane ont un petit grincement d'aise en se redressant. Il se débarrasse de sa vieille couverture et embrasse son environnement d'un oeil circonspect. Puis il se décide enfin à répondre.

- Bien sûr que je sais qui je suis, capitaine. Mais par contre, ce que je fous ici à me geler les noix dans ce cabanon pourri au milieu de nulle part, ça, je n'en ai pas la moindre idée…