Privé 6

Le Pythagore Editions 2016 - 16 x 24 cm - ISBN: 978-2-37231-018-5 - 19 € - 192 pages

Dans un collège privé de la paisible station thermale de Bourbonne-les-Bains, un prêtre est retrouvé mort. Accident? Suicide? Sa famille n'y croit pas et fait appel au privé Didier Rouque.

Son enquête le mènera à Alésia, en Bourgogne, et en Franche-Comté, avant d’arriver jusqu’aux «thermes»  de l’histoire… noire comme une soutane.

Paroles de lecteurs:

Ce texte est celui qui m'a procuré le plus grand plaisir de lecture. (...) A chaque fois que je devais arrêter, je le regrettais, car j'avais envie de connaître la suite. - Elisabeth F., correctrice, mars 2016

Une année d’attente pour une journée de lecture... J’ai "dévoré" ton dernier opus en une journée. Merci. J’ai apprécié la nouvelle enquête de Didier. Très sage notre Didier. Roman très émouvant. - Nicole H., Froncles, avril 2016 

La sixième aventure du "privé" vient de sortir aux éditions du Pythagore. Et c'est une très bonne cuvée. - C. Poirson, l'Affranchi, avril 2016

Extrait du roman:

- Didier, nous aurions besoin de vous à l'institut.

- Je vous écoute.

- Le père Damien Garin est mort il y a six jours, il est tombé du troisième étage dans le hall d'entrée de l'établissement, il a basculé par-dessus la balustrade, il s'est écrasé sur le dallage et a été tué sur le coup, il était de garde ce soir-là, c'est arrivé vers quatre heures du matin.

Elle avait débité son laïus dans un souffle, sans marquer une seule pause, un peu comme pour se libérer.

- La police est venue?

- Les gendarmes de Bourbonne, plutôt, ils ont terminé leur enquête avant-hier.

- Et qu'est-ce qu'elle a donné, cette enquête?

- Ils ont examiné l'établissement de fond en comble, tant l'intérieur que l'extérieur. Ils ont tout vérifié, ils ont questionné tout le monde, mais ils n'ont rien trouvé, aucune empreinte, aucun indice susceptible de conclure à autre chose qu'un accident.

- Quel âge avait ce monsieur?

- Trente-cinq ans, il était en pleine forme, il avait une excellente vue et il ne buvait pas.

- Pourquoi vous me dites ça?

- Parce que je trouve cet accident impossible. C'est vrai, il fait un peu sombre la nuit dans les couloirs de l'institut, mais il y a de place en place des lumières de secours et qui permettent de se déplacer sans aucun danger. Le père Garin y voyait parfaitement, il n'a donc pas pu se cogner contre la balustrade et culbuter malencontreusement. De plus, il connaissait parfaitement les lieux, il enseignait ici depuis plus de dix ans…

Devant ses propos pour le moins désordonnés et prononcés à la vitesse de l'éclair, je lui demandai doucement de se calmer. La respiration haletante, elle ne cessait de sangloter. Pauline m'observait du coin de l'œil en silence. Sylvie Parmentier laissa passer de longues secondes avant de reprendre.

- Excusez-moi, Didier… Vous pouvez vous occuper de cette affaire?

- Qu'est-ce que vous attendez de moi, exactement?

- Que vous déterminiez si oui ou non, il s'agit d'un accident…

- Dites-moi… Le suicide a-t-il été envisagé?

J'eus droit à une nouvelle crise de larmes.

- S'il vous plaît, calmez-vous, Sylvie…

- Excusez-moi, c'est tellement… dur à supporter… mais le suicide, vous n'y pensez pas! Damien était un être très équilibré, un homme heureux de vivre, passionné par ce qu'il faisait, il n'avait aucun problème, toute sa vie était consacrée à Dieu et aux enfants qu'il formait.

- Qu'est-ce qu'il enseignait?

- L'allemand.

- Le corps a été examiné?

- Oui, aucune trace de coups n'a été décelée, aucun autre traumatisme que celui de la chute. J'ai ici une copie du rapport d'autopsie. D'après le procès-verbal des gendarmes, le procureur va classer l'affaire.

Je m'étonnai.

- Rapport d'autopsie? Procès-verbal? Pourquoi vous?

Quelques sanglots éclatèrent encore.

- Excusez-moi, je dis n'importe quoi, j'aurais dû commencer par là. Le père Damien Garin était mon frère, Didier. Je vous en prie, si vous êtes libre, venez vite.