Quatre Z

Le Pythagore Editions 2017 - 16 x 24 cm - ISBN: 978-2-37231- 032-1 - 14 € - 112 pages

Marginalisé, oisif, lâche, crédule, immature, Paul a la trentaine. Il traîne sa misère dans une ville impersonnelle gangrenée par le chômage, l'anonymat et l'indifférence.

Il y a son amie Marianne, aussi perdue que lui. Il y a enfin ses quelques compagnons de galère qui tentent de s'en sortir tant bien que mal.

Paul, lui aussi, voudrait bien s'en sortir, bien sûr, quitter cette vie pitoyable. Mais la seule question est: Comment faire? Jusqu'au jour où…

Paroles de lecteurs:  

Captivants et documentés ces romans n'ont qu'un seul défaut : ils sont addictifs! - Sophie M, Livres sur la Place, Nancy

Son style, faussement familier (mi-Audiard, mi-Céline), est en accord avec le personnage et plonge le lecteur dans une ambiance à la fois réaliste et d´humour noir un peu caustique - Annie, AHME

Voilà un texte discret qui en dit plus qu'il n'en a l'air. (...) et l'auteur va  au plus serré, nous aspire dans la tête et la chute de Paulo. Il récuse aussi tout jugement. - Serge 31, Blog 813

Extraits du roman:

Lundi 2 Octobre

Je me lève vers neuf heures, neuf heures trente, dans ces eaux-là. J'ai mal à la tête, j'ai le vertige, j'ai le cœur au bord des lèvres. Faut dire que j'ai fait un peu fort avec les copains, hier soir. Enfin, des copains, c'est vite dit… On boit un coup ensemble de temps à autre, c'est vrai, mais pour la plupart d'entre eux, je ne sais même pas où ils habitent, ni ce qu'ils font dans la vie. Je connais tout juste leur nom, et encore. Il y en un qui possède un gros chien plein de poils, gentil comme tout, mais un peu con. Paille, qu'il s'appelle. Le type, pas le chien. Moi aussi, je voudrais bien avoir un chien à la maison, mais Marianne n'est pas d'accord. Elle m'a dit:

- Qui va s'en occuper?

- Ben, moi.

- C'est toi qui le sortiras le soir?

- Ben, oui.

- Tu parles. Tu fais déjà toute une histoire quand je te demande d'aller vider les poubelles. Alors, j'imagine, un chien…

Bon, je n'ai pas insisté.

Paille, il squatte dans les bureaux d'une petite supérette désaffectée pas très loin de chez nous. Généralement, c'est là qu'on se retrouve pour boire des bières. On risque pas d'être dérangé, il ne passe jamais personne. Même les flics  semblent avoir oublié que cet endroit existe. En plus, Paille a même réussi à se brancher sur l'usine d'à côté. Je ne sais pas comment il a fait, mais on a de l'électricité gratos, ça nous permet de nous chauffer un peu et de mettre de la musique. Mais pas trop fort, hein, il ne faudrait tout de même pas se faire repérer.

On est une petite dizaine à connaître cet endroit et on évite d'en parler autour de nous, on tient à être tranquilles. Y en a qui viennent parfois nous voir avec des trucs à fumer ou à sniffer, mais nous, on n'est pas trop d'accord avec la dope, on préfère boire un coup, c'est plus naturel. Alors, ces mecs-là, on leur fait gentiment comprendre qu'il vaut mieux ne pas revenir.

Ouaf, c'est dur, ce matin…